C’est quoi une monnaie locale ?

ll existe deux grands types de monnaies locales :

1/ Les plus connues en France sont des monnaies locales non marchandes, basées sur le temps, utilisées dans un réseau de personnes non professionnelles qui s’échangent des biens, des services et des savoirs. C’est ainsi que fonctionnent les nombreux SEL (Systèmes d’Echanges Locaux) créé en France depuis les années 90, dont ceux de Clermont-Fd, Billom, St-Amant-Tde etc., ainsi que les quelques Accorderies de notre pays.

2/ Les monnaies locales marchandes basées sur une conversion avec l’euro, en général sous forme de billets (ou cartes…), qui peuvent ainsi être utilisées dans un réseau de commerçants, de producteurs, d’artisans… respectant des critères déterminés collectivement. Elles sont souvent nommées en France « monnaies locales complémentaires » et elles sont tout à fait légales. Elles se développent depuis longtemps en Europe et dans le monde, et depuis quelques années, en France aussi. Il existe une trentaine de monnaies de ce type, dans notre pays  et de nombreuses autres en projet.  Depuis janvier 2016, la doume est la monnaie locale complémentaire du Puy-de-Dôme

A quoi ça sert ?

Les monnaies locales sont issues de remises en question de l’usage des monnaies officielles, trop souvent spéculatif et déconnecté des besoins des populations et de l’économie réelle, source d’inégalités, de pauvreté et de désastres écologiques au lieu de servir les échanges bénéfiques au bien commun.

1/ Les échanges de biens, de services et de savoirs à l’aide de monnaies locales basées sur le temps développent la convivialité, l’entraide, la mixité sociale et culturelle.

Les compétences de chacun, sont valorisées quelles qu’elles soient, de manière égalitaire et solidaire. Les objets devenus inutiles profitent à d’autres. Ces systèmes d’échanges permettent ainsi d’améliorer concrètement la qualité de vie de leurs membres et de lutter contre l’exclusion.

2/ Les monnaies locales basées sur l’euro ont une action au niveau des échanges marchands.

N’étant pas utilisables hors d’un territoire donné ni pour des usages spéculatifs ou d’épargne, ces monnaies circulent plus vite et développent des circuits courts de proximité. Elles dynamisent ainsi l’économie locale et favorisent la relocalisation des activités.

Les critères d’entrée dans le réseau permettent de créer des liens de confiance et de solidarité entre consommateurs et professionnels autour de valeurs et d’objectifs communs déterminés collectivement en fonction de chaque situation locale et dans une démarche de progression: soutien du petit commerce de proximité, production respectueuse de l’environnement, production locale et de qualité, économie solidaire, pratiques sociales et démocratiques…

Dans les deux cas, le processus de création de monnaies locales et leur usage au quotidien favorisent une appropriation citoyenne de l’économie et offrent des moyens concrets pour agir en faveur d’une transition économique, écologique, sociale et démocratique.

Quelques exemples de monnaies locales complémentaires, chaque groupe initiateur créant sa monnaie en fonction de la situation locale:

L’Abeille, à Villeneuve sur Lot, créée en janvier 2010 et gérée par des citoyens avec peu de moyens, a relancé le mouvement des monnaies locales complémentaires citoyennes en France.

Le Sol Violette a vu le jour en mai 2011 à Toulouse où il est fortement soutenu par la mairie. Il appartient au réseau des SOL, destiné à soutenir l’économie sociale et solidaire.

L’Eusko circule dans le pays basque français depuis janvier 2013 et donc au niveau d’une région. Outre le soutien à la relocalisation de l’économie et aux pratiques écologiques et solidaires, il vise à favoriser l’usage public de la langue basque.

Pour en savoir plus:

Les monnaies locales françaises sont organisées en réseau, organisent des rencontres nationales et ont rédigée une charte des MLC dont l’Adml63 est signataire:

http://adml63.org/manifeste-des-mlc/

Le site http://monnaie-locale-complementaire.net/france/ permet de suivre leur actualité.