Comment arrive-t-on à mieux vivre avec une monnaie locale?

1/ Extraits des débats (mars 2013)

Avec une MLC comme La Roue dans le Vaucluse, il n’y a pas d’amélioration immédiate du niveau de vie. Mais la circulation de la Roue dynamise l’économie locale. De plus le fonds de réserve est utilisé pour aider les entreprises locales. Ceci favorise l’emploi mais nécessite du temps.

Avec certaines MLC, comme la Commune, on a 5% de MLC en plus à l’entrée (pour 100€ on obtient 105 MLC) d’où la création d’un accroissement de pouvoir d’achat de 5%. On crée un déséquilibre que l’on retrouvera après quand on reconvertit les Communes (pour 100 Communes on obtient 95€).

Ce sont les monnaies basées sur le temps, comme le Creditos, qui permettent d’échanger des biens et des services sans avoir besoin de convertir la monnaie officielle. Il y a eu des dérives avec le Creditos après qu’il se soit beaucoup développé du fait de la crise monétaire argentine. Il est revenu à une utilisation plus limitée, gérée localement. Le mode de fonctionnement de l’organisation qui gère la monnaie locale est essentiel pour éviter de tels problèmes.

Est-ce que le principe de conversion basé sur le temps ne génère pas en lui-même ces problèmes de spéculation ?

Dans les SEL (Système d’Echange Local) la monnaie est juste une mémoire de l’échange de services ou de biens. Mais même là on peut faire du fétichisme, vouloir en avoir plus, avoir peur de manquer, c’est humain. Seule la régulation par le groupe permet de le gérer. Aucun système monétaire n’est parfait.

Les MLC ont un aspect communautaire, réseau. La capacité d’échange est forcément limitée à un petit réseau de magasins du fait des critères d’admission demandés aux prestataires.

Mais est-ce que cela ne risque pas de ne concerner que les personnes qui sont déjà sensibilisées ?

Dans le Vaucluse, le Conseil Général donnera une somme forfaitaire en monnaie locale à une association d’aide par le travail, comme c’est le cas à Toulouse où la mairie donne des Sol-Violette à des associations de chômeurs.

Ne pourrait-on avoir une monnaie basée à la fois sur le temps et la conversion en euros ?

Il faudrait un système permettant à la fois que ceux qui ont du temps puissent acquérir la MLC sur une base temps et que ceux qui travaillent puissent l’acquérir par conversion avec l’euro, et que ce soit indissociable.

La conversion de MLC à partir d’euros est une obligation européenne, ce n’est pas le cas aux Etats Unis. Si l’échange en temps est possible aussi, les deux réseaux doivent être étanches en raison de la réglementation du travail. En France, les textes de loi sont obsolètes.

Un particulier peut-il payer quelqu’un avec une monnaie locale basée sur le temps?

Un SEL a été accusé de travail au noir dans l’Ariège mais a obtenu gain de cause. En cas d’accident, c’est la responsabilité civile de chacun qui fonctionne. Si cela pose problème, la MACIF propose une assurance sur mesure. Dans les SEL on fait surtout attention aux professionnels qui viennent en fait pour capter des clients. Pour éviter les problèmes, il mieux vaut rester un petit réseau.

 La création monétaire sur une base de temps est une des pistes d’évolution des MLC.

Mais sans couverture sociale ?

Au Brésil, les banques communautaires ont tout reconstruit à partir des monnaies locales, y compris les systèmes d’assurance sociale.

Comment rentrer dans une monnaie locale basée sur le temps si on n’a plus de force de travail ?

Au Japon, il existe une monnaie locale spécifique d’échange de services destinés à des personnes âgées : on prend soin d’une personne âgée et en échange quelqu’un rendra service à une personne de sa famille qui habite loin.

 Il ne faut pas s’arrêter au fait que quelque chose n’existe pas encore : chaque monnaie locale qui se crée imagine son fonctionnement propre. Si l’on veut vraiment un système basé sur l’euro et prenant aussi en compte le temps on parviendra à trouver une solution. Le système monétaire actuel s’est développé pendant très longtemps !

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