Nous avons besoin de diversité monétaire

La doume n’est pas en concurrence avec l’euro dont elle ne peut remplacer tous les usages. L’euro possède des avantages indéniables au niveau de sa facilité d’utilisation et ce dans toute la zone euro. Utiliser la doume peut donc paraître un retour en arrière et un frein aux échanges. Mais la doume permet un usage complémentaire à celui de l’euro afin de répondre à des besoins qui ne peuvent être assurés par l’euro et favoriser certains types d’échanges.

L’euro est conçu pour faciliter les échanges internationaux mais est inadapté pour agir  au niveau du développement d’un territoire ou de la transition écologique et sociale. La doume par contre a cette capacité.

L’euro a des usages spéculatifs et de thésaurisation que nous voulons éviter avec la doume. La spéculation s’est développée de manière exponentielle avec la libéralisation de la circulation des capitaux et le développement des techniques informatiques et d’internet qui permettent même maintenant du trading haute fréquence. Ces paramètres sont volontairement absents avec la doume, limitée au réseau de professionnels du Puy-de-Dôme et circulant sous forme de billets, à un rythme humain.

Quant à la thésaurisation c’est l’accumulation de monnaie dans un objectif de profit. Cette pratique accentue les baisses d’activité économique en bloquant la circulation de masses importantes de monnaie en période d’incertitude, le manque de liquidité et de financement ayant des conséquences autoréalisatrices négatives sur l’économie. Le mécanisme utilisé classiquement par les monnaies locales pour éviter la thésaurisation est la fonte, c’est-à-dire la nécessité de payer un petit pourcentage de la monnaie locale encore en sa possession à une date ou un délai donnés pour pouvoir continuer à l’utiliser.  Nous avons choisi de ne pas inclure de fonte pour la doume pour les raisons décrites ici.

Historiquement, l’utilisation d’une seule monnaie n’est pas la règle.  Plusieurs types de monnaies étaient utilisées de manière complémentaire en fonction des différents  types d’échanges et de la proximité ou de l’éloignement des partenaires. Comme dans beaucoup de domaines, nous avons perdu cette diversité qui est pourtant utile pour répondre à des besoins variés mais aussi parce qu’elle offre des outils pour mieux résister aux perturbations économiques que ce soit pour les entreprises ou les populations (comme par exemple avec  WIR en Suisse créé en 1934,  en Argentine dans les années 90 ou en Grèce maintenant).

En participant à créer petit à petit un réseau d’entreprises locales  se fournissant les unes des autres, fréquentées par des consommateurs qui en sont des clients fidèles, on construit un ensemble économique plus autonome et solidaire, et donc plus résilient, c’est-à-dire résistant face aux chocs et aux crises, quelles que soient leurs natures (économiques, énergétiques, écologiques…).

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