Questions fondamentales

Quelques questions fondamentales

Est-ce une idée nouvelle ?

Pas du tout !

D’abord, dans l’histoire, la coexistence de deux monnaies (l’une, en or de préférence, pour les transactions lointaines ; l’autre, plus modeste, pour les échanges locaux) a paru parfaitement naturelle, et très efficiente. L’équivalence « une monnaie-une nation » est une idée moderne . Entre les deux guerres mondiales, théorisées par l’économiste Silvio Gesell et rendues nécessaires par la grande crise économique et financière, sont apparues de multiples monnaies locales complémentaires, surtout en Allemagne, ce qui n’est pas étonnant. Et si elles ont disparu … c’est qu’elles fonctionnaient trop bien, et que le gouvernement les a déclarées illégales. Car la monnaie, c’est le pouvoir !

Ces nombreuses expériences ont permis par tâtonnements de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas : héritage précieux qui permet de ne pas refaire les mêmes erreurs.

L’argent est-il la richesse ?

Pas du tout !

L’argent n’est que le symbole de la richesse. La vraie richesse « réside exclusivement dans ce que nous offre la planète Terre et l’activité humaine. » (Philippe Derudder) La fable que raconte le même Philippe Derudder est parfaitement parlante : Une dame entre un matin dans un hôtel ; elle dit à l’hôtelier, qui tient son bar, qu’elle aura peut-être besoin d’une chambre pour le soir si sa réunion se termine trop tard, mais que dans le doute elle préfère la réserver avec un billet de 50 euros ; l’hôtelier prend le billet et lui promet de le rendre si elle ne reste pas. Le boulanger qui était au bar rappelle alors à l’hôtelier qu’il ne lui a pas payé les 50 euros du gâteau d’anniversaire de sa fille : le billet passe dans la poche du boulanger. Sur le chemin du retour, le boulanger passe devant chez son dentiste et se souvient d’une dette de 50 euros qu’il lui doit pour son dernier examen ; le dentiste reçoit le billet. Dans la journée, le dentiste passe chez son garagiste et lui fait faire la vidange de sa voiture… pour 50 euros. Le billet est dans la caisse du garagiste mais n’y reste pas longtemps car justement un représentant en savon liquide vient de lui vendre pour 50 euros de marchandise. Le billet passe dans la poche du représentant. Le représentant consulte sa montre et se dit qu’il temps de finir sa journée et d’aller à l’hôtel. La chambre coûte 50 euros et le billet revient dans la caisse de l’hôtelier. A ce moment entre la dame du matin qui annonce que finalement elle a le temps de repartir et n’a plus besoin de la chambre. L’hôtelier comme promis lui rend le billet… Le dame se met à rire car elle reconnaît à une petite déchirure son propre billet ; elle le déchire devant l’hôtelier médusé : « De toute façon, il était faux ! »

Cette histoire prouve que la monnaie n’a aucune valeur en soi : c’est une simple convention sociale basée sur la confiance. Grâce à cette confiance, les acteurs de l’histoire ont fourni des services, payé leurs dettes… l’économie a tourné et tout le monde est satisfait !

L’émission de la monnaie est-elle la prérogative des banques centrales ?

Non !

Car les banques centrales, dont c’est le travail, n’émettent qu’une quantité de monnaie inférieure de 8 à 15 fois à ce qui serait nécessaire au vu de la progression des échanges et de l’activité. Le reste, ce sont les banques qui le prêtent… un argent virtuel (monnaie scripturale) qu’elles ne possèdent pas mais dont elles espèrent bien qu’il sera remboursé… Ce sont donc les banques privées qui ont le pouvoir exorbitant de fabriquer l’argent.

A noter que depuis que l’argent n’est plus convertible en or (15 août 19 71!) il est devenu encore plus virtuel, et qu’on peut faire encore plus n’importe quoi. A noter aussi que les monnaies locales ne sont plus considérées comme illégales « à condition qu’elles circulent à l’intérieur d’un réseau identifié et limité ».

A quoi est utilisé l’argent qui circule ?

Hélas, à 97 %, à la spéculation.

Il ne reste donc que 3 % de cet argent global pour faire tourner l’économie réelle ! Etonnez-vous après cela que le monde marche sur la tête.

A quoi servent les monnaies locales ?

A de multiples choses !

  1. Grâce au caractère pédagogique de ces expériences, les fausses représentations se dissipent peu à peu et la monnaie apparaît avec sa vraie valeur.
  2. Elles créent du lien social.
  3. Elles relocalisent les achats.
  4. Elles rendent le pouvoir aux citoyens.
  5. Elles permettent de réfléchir ensemble à une nouvelle éthique, sociale et environnementale.
  6. Grâce au pouvoir de financement qu’elles dégagent, elles peuvent redynamiser l’économie d’un territoire.

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